19 septembre 2010

La fragilisation des liens familiaux due à l'incarcération

  • 60 000 personnes sont incarcérées en France, dont 96% d'hommes. 20 000 femmes ont un conjoint incarcéré. 70 000 enfants ont un père ou beau-père en prison, dont 70% de mineurs. 300 000 personnes sont concernées par la détention d'un proche.
  • Le vécu familial des détenus diffère de celui des hommes libres. La moitié des détenus sont issus d'une famille nombreuse, contre un quart des hommes libres. Leur vie professionnelle commence en moyenne vers 22 ans, contre 24 ans pour les hommes libres. 40% des détenus ont connu au moins une rupture dans leur vie conjugale, contre 20% chez les hommes libres. 30% des détenus de plus de 50 ans ont au moins quatre enfants, à comparer avec 7% de mères de plus de 50 ans.
  • La détention fragilise les liens familiaux qui sont dès le départ probablement plus instables ou moins solides. 60% des détenus n'ont pas de conjoint à leur entrée en prison, contre 80% après cinq ans de détention. La moitié des séparations ont lieu dans l'année qui suit l'incarcération. La majorité des détenus sont séparés de leurs enfants. La durée moyenne de séparation des enfants et de leur père est de deux ans et demi.
  • La relation entre les détenus et leur famille est mise à mal. Elle n'est plus quotidienne. Elle se passe le plus souvent dans un parloir sous surveillance. Les contacts physiques sont difficiles. L'intimité est quasi inexistante. Les détenus ont tendance à se tourner sur eux mêmes. Les conjoints culpabilisent souvent d'être en liberté à l'extérieur.
  • Des solutions sont mises en oeuvre progressivement pour limiter la dégradation des liens familiaux. Dans quelques prisons, des unités de visite familiale permettent à des détenus et à leur famille de se retrouver quelquesfois dans l'année pendant quelques jours. Des relais parent-enfants aident les enfants et leur parent incarcéré à maintenir leurs liens affectifs. Continuer de voir son père ou sa mère contribue à un meilleur équilibre psychologique de l'enfant. Garder des liens avec sa famille permet au détenu de mieux se réinsérer.

Sources :
Gilles Marchand. Les liens familiaux et la détention, scienceshumaines.com, n° 129, 07/2002.
Le maintien des liens familiaux en prison, prisons.free.fr, 2004.
Service des études juridiques. Le maintien des liens familiaux en prison, scienceshumaines.com, n° 163, 05/2006.

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