26 août 2012

Les sept arts libéraux entre les saints et les monstres

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Le portail de l'église Saint-Ours à Loches, est orné d'animaux et de personnages étranges dans l'archivolte. La partie supérieure, mutilée lors de la révolution, représente la Vierge et les rois mages. Entre les deux, le cordon externe à la troisième voussure, est orné de femmes aux vêtements finement plissés, ce sont les allégories des sept arts libéraux.

Les sept arts libéraux sont la base de l'enseignement des écoles de l'Antiquité et du Moyen Âge. Ils se divisent en deux degrés : le trivium et le quadrivium. Le trivium regroupe la grammaire, la dialectique et la rhétorique. Le quadrivium se compose de l'arithmétique, de la musique, de la géométrie et de l’astronomie.

Les arts libéraux, sur le portail de Saint-Ours, sont identifiés de la façon suivante (de gauche à droite) :
  • la rhétorique tient dans sa main gauche un vase pour y mettre les fleurs de rhétorique
  • la grammaire porte une férule pour battre les écoliers
  • l'arithmétique tient un livre ou un boulier
  • la musique porte une petite harpe
  • la géométrie porte un compas
  • la dialectique tient un bâton torsadé* dans ses mains
  • l'astronomie montre deux étoiles de la main droite.
* Le bâton torsadé rappelle le caducée d'Hermès, messager des dieux, et dieu de l'éloquence. La dialectique, art de la discussion et du raisonnement, est souvent confondue avec la rhétorique, art de l'action du discourt sur les esprits.
On peut voir en bas à gauche dans la même voussure, une autre allégorie de la dialectique tenant un serpent.

Sources :
Gérard Fleury. La représentation des arts libéraux au portail de la collégiale Notre-Dame de Loches, actuelle église Saint-Ours, Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, vol. 45, p. 141-156, 1997 [a].
Abélard élève de Roscelin à Loches, pierre-abelard.com.
Scolastique, inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson.
Photos : Alien'or, Loches, église Saint-Ours, détail du portail [a], 7/2008.

3 commentaires:

  1. Dommage que la source initiale de cette connaissance ne soit pas donnée :
    G. Fleury, "Le porche de l'église Saint-Ours de Loches", Monuments en Touraine, Congrès archéologique de France 1997, Société française d'archéologie, 2003

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    1. Merci pour cette précision. Notez que cette source m'était inconnue lors de la rédaction de cet article.
      J'ai toutefois préféré citer une autre source du même auteur, disponible en ligne celle-ci, qui m'a permis de confirmer l'identification des allégories, et d'apporter une précision concernant celle de la dialectique.

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